Le Programme
Se libérer de la peur
Reconnaître sa valeur
Plutôt que de rester dans un état de peur ou d’insécurité, la pratique de l’autodéfense d’émancipation commence par le développement de la confiance en ses propres capacités pour faire face aux défis et protéger son bien-être psychologique et physique. C’est pourquoi le programme d’enseignement est conçu pour soutenir le cheminement de chaque participante, qui commence avant tout par la reconnaissance de sa valeur intérieure.
La séquence des exercices et des techniques est axée sur la réalité toute particulière des femmes et des filles au Québec, en ce qui concerne les principales menaces à leur sécurité. Le programme augmente progressivement en intensité, afin de respecter le rythme des participantes. Les apprentissages se font de façon collective, dans un souci d’écoute et d’accompagnement par les membres du groupe.
Écouter son corps et son intuition
Les exercices prévus dans le programme permettent d’apprendre à se connaître davantage. Par la pratique de la pleine conscience, on apprend à écouter son corps et son intuition pour détecter les signaux d’alarme à l’intérieur et à l’extérieur de soi. On apprend aussi à repérer les risques pouvant menacer particulièment l’intégrité des femmes, comme le contrôle coercitif (un signe précurseur et présent dans 92% des cas d’homicides conjugaux selon le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale).
Détecter les signaux d’alarme
Rehausser la conscience de soi
Activer sa vigilance et sa lecture de l’environnement
Repérer des situations à risque dans une relation avec nos partenaires intimes, nos proches ou avec des inconnus
S'affirmer avec assurance
Les exercices d’affirmation de soi permettent aussi d’identifier ses limites et de les imposer. Ces compétences sont utiles dans toutes les sphères de la vie pour prendre sa place et communiquer avec confiance. Particulièrement dans un contexte de relation congjugale pour les femmes, cela permet de mieux prévenir ou quitter des situations de violence psychologique (utilisée par 90 % des individus violents envers leur conjointe selon l’Institut national de santé publique du Québec). Des exercices complémentaires concernent la désescalade des conflits avec calme et assurance, soit en tant que personne impliquée ou en tant que témoin actif.
Trouver sa voix et dégager un message clair
Refuser une demande insistante en respectant l’autre et soi-même
Réagir en cas de harcèlement
Désamorcer des conflits
Veiller à sa sécurité
Face à une situation de menace, le corps peut figer, fuir ou combattre. Toutes les stratégies de survie sont valables et il est utile d’avoir plusieurs réflexes dans notre coffre à outils. Les réflexes de résistance physique développés dans le programme sont axés sur les types d’agression les plus fréquents envers les femmes, soit (dans l’ordre décroissant) :
se faire pousser, empoigner, et se faire bousculer
se faire lancer un objet qui aurait pu blesser
recevoir des coups de pied ou se faire mordre ou frapper
se faire gifler
se faire agresser sexuellement
se faire étrangler
Selon Statistique Canada, plus de 4 femmes sur 10 subissent une forme de violence entre partenaires intimes au cours de leur vie et la tendance est à la hausse depuis 2016. Au Québec, en 2018, 11% des femmes ont déclaré avoir subi au moins une agression sexuelle commise par une personne adulte avant l’âge de 15 ans selon les données de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés (ESEPP). De plus, l’Observatoire canadien du féminicide pour la justice et la responsabilisation constate que par rapport à 2019, le nombre de femmes et de filles tuées a augmenté de 16 % en 2020, de 20 % en 2021 et de 24 % en 2022. Ces féminicides sont commis par des personnes que les femmes connaissent, et ce, dans des lieux résidentiels avec l’utilisation d’une arme.
C’est pourquoi les participantes aux cours apprendront aussi à se défendre en cas d’attaque avec un couteau ou un fusil.
